Zagreb
Va, vis et deviens. De préférence ne prend pas le train, bus pas trop cher ou avion si tu as une carte platine, tu profiteras des mini cannettes de coca dans le salon VIP.
InterRail, jusque là pas de mystère, les trains c'est la base. Mais comme pour la mousse au chocolat, chacun à sa recette. Dans notre cas on trouve plusieurs types d'interRailistes :
-Le bobo prévenant, il reserve un siège pour chaque trajet un jour avant le voyage et allonge donc l'argent (autour de 5 euros par trajet ou 5 bières locales à Prague).
-Le nomade, il ne réserve pas de siège et va, somnolant, d'une place vide à l'autre avant la prochaine délocalisation.
-Le I-dont-give-a-f*** qui pose son énorme sac dans l'interwagon où il place sa tête avant d'étendre ses membres des toilettes au wagon suivant.
Il y a beaucoup de trajets célèbres, le Tour de France pour ses étapes passées en boucle, la route des vins pour ses derniers vers avant de la reprendre, le chemin de traverse pour ses prestigitateurs et ses fabulistes (ne nous emportons pas, de nos jours, un mur qui s'ouvre c'est pas bien sorcier). Il conviendra d'ajouter à cette énumération ternaire le pas-assez-célèbre Budapest-Zagreb en train qu'on deconseillera aux femmes enceintes. Départ 13h25 et arrivée 19h45. Un peu long mais ça passe, dirons les petits malins du dernier rang. En fait, on est arrivé à 21h...
Ne partez pas, ce n'est que le début de cette aventure. Après l'exposition du cadre il nous faut des péripéties. Elles arrivent.
Bien que dans le train trente minutes avant son départ, il nous en faut moins du tiers pour comprendre que n'ayant pas réservé, la chance que l'on passe le trajet assis confortablement avoisine les moins 273. On décide donc d'occuper bravement un territoire inexploré, l'interwagon. On remarquera au passage que interwagon et InterRail, c'est très proche dans la sonorité, certains y verront peut être un signe. Nous voilà donc sur nos sacs, les jambes étendues dans l'espace qui sépare les deux wagons où se battent déjà les membres inférieurs d'un groupe de brésiliens somnolant. Soyons honnête, on a tout de même pas mal de place. Au début. Car le train s'arrête toute les 15 minutes pour laisser plus de gens monter que descendre. On a tout à fait le droit d'habiter la campagne hongroise. On laisse donc les voyageurs nous enjamber tout en précisant pour la soixante-deuxième fois que la porte des toilettes est bloquée et qu'il faut aller plus loin, oui, même si tu es américaine. On a donc le droit au double passage d'une dame et son énorme chien qui nous oblige à nous lever pour ne pas perdre nos avant bras. Le chien, au son de ses aboiements plaintifs, semble souffrir autant que nous. On peut avoir un chien et vraiment ne pas savoir s'en occuper. Avec une heure de retard, nous arrivons à la frontière croate. Les douaniers ne sont clairement pas au courant de leur entrée récente dans l'union européenne et prennent une heure à faire leur contrôle d'identité dans la désorganisation la plus totale. La moitié des wagons se rend à Zagreb et nous voyons donc une horde de sac à dos décathlon aller d'un bout du train à l'autre implorant de les laisser monter. On est clairement trois fois trop nombreux dans le train. Les compartiments sont pleins, le couloir est engorgé et l'interwagon est irrespirable. Les douaniers sont obligés de faire sortir une partie des voyageurs afin de pouvoir contrôler le reste des personnes. On voit même un des douaniers prendre des photos de la foule. Une cocasserie en tout point drolatique.
Notre train repart donc, le soleil maintenant couché laisse échapper un dernier rayon comme un doigt d'honneur céleste. Coincés dans le couloir, à notre droite deux anglaises hilares devant un chinois qui ne connait apparament pas la sauce saté, à notre gauche un groupe d'anglaises reprend d'une voix particulièrement niaise (et je dis cela objectivement même si déjà énervé par l'attente) les classiques disney en s'efforçant de chanter aussi bien que des supporters de Saint Étienne. Les chants et les champs font place au calme de la ville faiblement éclairée où se croisent piétons, cyclistes et conducteurs plongés dans une envieuse quiétude baignée d'une chaleur estivale. Dans notre wagon, les toilettes sont toujours bloquées, la clim est inéxistante et l'eau commence à manquer mais l'espoir se ravive. La gare en vue, les lunettes de soleil bien rangées, les sacs sur le dos et la carte de la ville dans la main...Zagreb, nous voilà.
Dénouement
La Croatie. On en entend souvent parler. Destination importante de nombreux jeunes français (Split pour la mer et les festivals, Zagreb pour la culture la gastronomie), nous avons décidé de nous arrêter une journée (deux nuits) à Zagreb. Une fois arrivés à l'auberge (après un trajet plutôt "fatiguant"...), le responsable nous a expliqué les lieux les plus beaux de la capitale Croate, quelques bars et quelques restaurants. Le lendemain, après un fourré au chocolat fait maison, en route pour le centre-ville. Nous grimpons jusqu'au sommet de la colline de la ville pour se balader, visiter quelques bâtiments et églises. En fait, rien de tellement important. Tout est petit, mais très charmant. Nous avons bien ris dans le musée "of broken relationships". Dans ce "musée", des objets sont exposés avec une histoire d'amour qui a mal finit. Cela nous change des musées d'arts classiques. On aime. Je profite de passer devant un "attrape-nigauds" pour me procurer le drapeau du 28eme État membre de l'UE (collection personnelle...). Notre déjeuner est simple: viande et frites, mais arrosé d'une forte bière de fabrication locale. Le cadre est sympa, toujours en hauteur. L'apres-midi est moins conventionnelle". Nous descendons de notre perche pour nous allonger dans le parc qui borde les bâtiments officiels. Après cette sieste digestive, nous nous baladons dans le centre-ville et visitons d'autres églises. En fait, pas grand chose à faire dans cette ville où se promener reste la meilleure des choses à faire, tant le centre est mignon. Les bâtiments sont colorés, on sent bien qu'on est pas loin de la Grèce.
Bref, une journée à Zagreb, c'est parfait. On a le temps de visiter, de se balader, de bien manger et de se reposer ! On aime !